Histoire
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Après les premiers seigneurs, de la famille d'Ecaussinnes, trois grandes familles se sont succédé : les Lalaing, les Croÿ, les van der Burch. Après un intermède de 75 ans, un descendant des van der Burch a racheté le château de sa famille et a créé la Fondation qui en est l'actuel propriétaire.
XIIe – XIVe siècle : Les premiers seigneurs d'Ecaussinnes
Quand le château fut érigé, au XIIe siècle, pour défendre le comté de Hainaut contre ses voisins, le comté de Flandre et le duché de Brabant, les seigneurs qui y détenaient l'autorité prirent le nom de lieu, leur nom de famille était donc « d'Ecaussinnes »
1357 - 1428 :
les
Lalaing
En 1357, Jeanne, fille d'Hoste d'Ecaussinnes, épousa Simon de Lalaing, Grand bailli de Hainaut et Sénéchal d'Ostrevant. Celui-ci, de ce fait, devint seigneur d'Ecaussinnes sous le nom de Simon Ier de Lalaing.
Les Lalaing se succédèrent de père en fils, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus d'héritier mâle ; l'héritière de Simon III de Lalaing, Marie, épousa Jean de Croÿ en 1428.
1428 - 1528 : les Croÿ
Jean
de Croÿ, comte de Chimay, Grand bailli de Hainaut, qui par mariage
succédait à Simon III de Lalaing, était un conseiller très écouté de
Philippe le Bon, Duc de Bourgogne. Comme celui-ci avait réuni sous
sa couronne le comté de Hainaut, le comté de Flandre et le duché
de Brabant, le château fort avait perdu sa fonction défensive, et
Jean de Croÿ décida de transformer son château en une résidence
plus digne du grand seigneur qu'il était ; cette entreprise
fut achevée par son fils Michel.
Ce dernier étant mort sans postérité (en 1516), la seigneurie
d'Ecaussinnes échut à son
frère Jacques, évêque de Cambrai, qui la vendit à son neveu Charles, le
premier prince de Chimay ; à la mort de Charles de Croÿ en 1527, ce
fut sa fille Marguerite qui en hérita ; elle épousa Charles de
Lalaing en 1528, et c'est ainsi que la seigneurie d'Ecaussinnes fit
retour à cette illustre famille.
1528 - 1624 : à nouveau les Lalaing
Cette
période, commencée sous le règne de Charles Quint, se poursuivra par les années
sombres de l'occupation espagnole sous Philippe II d'Espagne. Selon la
tradition, une Lalaing, châtelaine d'Ecaussinnes, mit le feu au Château pour éviter qu'il ne
soit occupé par une garnison espagnole.
Notre pays connaîtra une accalmie sous le règne bienfaisant des archiducs Albert
et Isabelle (1598-1633).
En 1624, Marguerite de Lalaing, dame d'Ecaussinnes, et son mari le comte Florent
de Berlaymont, vendent la seigneurie d'Ecaussinnes à Philippe van der Burch.
1624 - 1854 : les van der Burch
Les
van der Burch sont une famille originaire de Flandre.
Philippe van der Burch a été bourgmestre de Franc de Bruges ; par
lettres patentes des archiducs, il s'était vu conférer en 1619 la charge de
« grand bailli portatif de la noble et souveraine cour du comté de Hainaut ».
Son frère aîné, François, après avoir été évêque de Gand, était archevêque et
duc de Cambrai.
A partir de 1624, le château d'Ecaussinnes sera la demeure familiale des van der
Burch ; de génération en génération s'y succéderont des familles nombreuses, de
5 à 10 enfants, jusqu'en 1854.
1854 - 1928 : intermède
En 1854, le comte Charles
van der Burch mourait sous le régime des lois napoléoniennes, qui n'autorisaient
plus à favoriser un héritier, comme sous l'ancien régime ; il fallut vendre pour
partager. L'acquéreur fut le duc d'Arenberg, mais celui-ci se contenta de
prélever le revenu des terres et ne s'intéressa pas au château, qui peu à peu
sombra dans l'abandon.
Pendant la guerre de 14-18, il fut occupé successivement par les Allemands puis
par les Canadiens.
En 1920, alors que des industriels avaient conçu le projet de transformer le
château fort en habitations ouvrières, il fut sauvé par le chanoine Puissant, de
Mons, qui, après quelques restaurations, y disposa les collections de vieux
meubles, d'étoffes et de livres qu'il avait rassemblées au cours de longues
années de recherches, et l'ouvrit aux visiteurs.
1928 - 1954 : le comte Adrien van der Burch
En
1928, le château accueillit un visiteur particulier : c'était le comte Adrien
van der Burch qui, à l'instigation d'amis chez qui il séjournait, visitait le
château de ses aïeux, auquel jusqu'alors il n'avait jamais pensé. Le chanoine
Puissant, qui lui avait fait les honneurs de la visite, fut si persuasif que le
comte Adrien décida de racheter le château et fit de sa mise en valeur le
dernier grand projet de sa vie.
Il le restaura entièrement, s'attachant à rendre à la partie la plus ancienne
son aspect médiéval, mais respectant le style XVIIIe siècle de l'étage ; il créa
le musée actuel, dont il constitua lui-même les collections, et qu'il ouvrit au
public. Il se réservait une partie du château comme seconde résidence, et il y
faisait de fréquents séjours.
Mais alors survint la guerre de 1940 ; Yves, le fils d'Adrien, ayant fait de la
résistance, fut fait prisonnier et mourut en camp de concentration, en 1945.
Le comte Adrien n'avait plus de descendance, et voyait autour de lui s'éteindre
les autres branches de sa famille. Il créa alors (en 1948) la fondation van der Burch, à
laquelle il faisait don du château fort et de son musée, dans le but de
préserver cette œuvre de sa vie et de perpétuer le souvenir de sa famille.
Le comte Adrien van der Burch est mort en 1954.
Depuis 1954 : la Fondation van der Burch,
Fondation d'Utilité Publique
Le premier administrateur délégué fut Monsieur Freddy Cartuyvels. Il
exerça cette fonction, dès 1948, jusqu'en 1995 ; son gendre, le comte Robert d'Ursel, lui
succéda. Monsieur Freddy Cartuyvels demeura président de la fondation jusqu'à sa
mort, en 2002. Le président actuel est le professeur Cauchies, qui enseigne
l'histoire à l'UCL et aux Facultés universitaires Saint-Louis. Le château est
habité par le comte Robert d'Ursel, Administrateur délégué, et son épouse,
Vice-Présidente.